Entre les Hautes-Alpes et la Savoie, le GR57 dessine une itinérance alpine autour du Thabor et du massif des Cerces. Loin des itinéraires les plus fréquentés des grands parcs voisins, cette randonnée enchaîne vallons, cols, torrents et lacs d’altitude, avec des variantes qui permettent d’adapter le parcours à son niveau et au temps disponible. En sept étapes, une boucle peut relier Le Lauzet, Névache, Valloire et plusieurs refuges, à condition de préparer soigneusement les hébergements et les conditions de passage.
L’automne donne à l’aventure une atmosphère particulière : les mélèzes se colorent, les premières neiges poudrent parfois les sommets et les journées raccourcissent. Ce décor est superbe, mais il demande de la souplesse. Une averse, un col enneigé ou un refuge fermé peuvent modifier le programme ; mieux vaut donc connaître les options de repli avant le départ. Voici les repères essentiels pour imaginer un trek itinérant cohérent, sans confondre le tracé du GR57 avec les variantes qui composent le tour du Thabor et des Cerces.
GR57 autour du Thabor et des Cerces : comprendre l’itinéraire
Le GR57 traverse les paysages du Thabor et des Cerces, dans un secteur alpin proche de la frontière italienne. Le terrain alterne chemins en balcon, sentiers rocailleux, alpages et passages de haute montagne. Les vues changent au fil des étapes : une journée peut commencer au bord d’un torrent, se poursuivre vers un col minéral et finir dans un vallon où les mélèzes prennent des teintes dorées.
Il faut toutefois distinguer le tracé propre du GR57 des itinéraires de randonnée qui en reprennent certaines portions. Le parcours en sept jours proposé ici comporte des variantes et représente, selon les distances de l’itinéraire décrit, environ 127 kilomètres cumulés. Ce chiffre ne correspond donc pas nécessairement à la longueur du GR57 officiel, souvent présenté autour de 75 kilomètres selon le tracé retenu. Les distances et dénivelés évoluent avec les choix de départ, les détours et les conditions du moment : une carte récente et une trace vérifiée restent indispensables.
Une boucle de sept étapes, modulable selon son rythme
Le Lauzet, près du Monêtier-les-Bains, constitue un point de départ possible. Une première étape mène au refuge de Buffère, puis le parcours descend vers Névache. On poursuit ensuite vers le refuge du Thabor, avant de rejoindre Terre Rouge, Valloire et le refuge des Drayères, pour revenir au Lauzet par les cols choisis.
Cette organisation donne une idée de l’effort demandé, mais ne doit pas être suivie à l’aveugle. Certaines journées sont longues et cumulent plusieurs heures de marche ; la montée au lac des Béraudes, par exemple, est raide, tandis que le passage par le col des Béraudes requiert de l’aisance sur un terrain minéral. Les sentiers balisés ne suppriment pas les difficultés : brouillard, pluie ou neige fraîche peuvent rendre le repérage et l’adhérence plus délicats.
- Avant de partir : comparer la trace GPS avec une carte topographique récente et repérer les échappatoires vers Névache, Valloire ou la vallée.
- Pour choisir les étapes : tenir compte du dénivelé, de la durée réelle de marche et de la fatigue, plutôt que de la seule distance.
- En cas de météo dégradée : renoncer aux cols exposés et suivre les consignes locales ; un itinéraire de montagne se réévalue chaque jour.
Ce trek se construit donc autant avec la carte qu’avec le terrain : les variantes offrent de la liberté, mais réclament une préparation sérieuse.
Randonnée dans le Thabor : cols, refuges et lacs d’altitude
La diversité des paysages donne son rythme à la randonnée. Depuis le refuge de Buffère, le sentier gagne un univers de cols et de vallons ; du côté de Névache, les itinéraires permettent de remonter près des torrents ou de choisir une variante plus sportive. Le lac de l’Oule offre une halte marquante, avec ses reflets qui contrastent avec les pentes rougies par l’automne. Plus haut, le lac du Peyron et les abords du mont Thabor rappellent que l’altitude peut vite changer l’ambiance : un ciel dégagé au départ ne garantit pas des conditions stables au col.
Le mont Thabor, un sommet à aborder avec prudence
Le mont Thabor culmine à 3 178 mètres. Son ascension représente une option exigeante qui dépend de la météo, de l’état du sentier et de l’acclimatation du groupe. En automne, une chute de neige peut compliquer la progression sur les pierres et masquer le balisage. Si le brouillard s’installe ou si le vent se renforce, faire demi-tour est une décision raisonnable, même lorsque le sommet semble proche.
Autour du massif des Cerces, les paysages changent encore : le lac Rond, le lac des Béraudes et le Grand Lac des Cerces composent des étapes visuelles fortes. Les montées raides, les pierriers et certains passages équipés demandent de garder de l’énergie pour la fin de journée. Les pauses au bord de l’eau sont précieuses, mais il faut aussi prévoir le temps de rejoindre l’hébergement avant la nuit.
Refuges : réserver, vérifier, prévoir un plan B
Les refuges rendent possible une itinérance avec un sac moins chargé, mais leurs périodes d’ouverture varient. Certains établissements ferment à la fin de la saison estivale ; d’autres peuvent proposer un espace non gardé, dont le confort, l’équipement et les conditions d’accès ne sont pas ceux d’un refuge en période de gardiennage. Il faut contacter chaque refuge avant le départ pour confirmer l’ouverture, les couchages, les repas et les moyens de paiement.
À Névache et Valloire, les hébergements permettent de couper le parcours et de refaire quelques provisions, mais la disponibilité peut se réduire hors saison. Réserver tôt évite de découvrir à l’arrivée qu’un établissement a fermé. Pour le bivouac, vérifier les règles applicables localement et respecter les consignes de protection des milieux : installer son campement loin des zones humides, limiter son impact et repartir sans laisser de déchets.
Une nuit au chaud peut transformer une étape froide et humide en vraie pause réparatrice ; la logistique fait partie intégrante de l’aventure.
Pour préparer les passages de cols, une vidéo de terrain peut compléter les cartes, sans remplacer les informations officielles ni l’évaluation des conditions le jour même.
Préparer une semaine de trek itinérant en montagne
La période généralement favorable s’étend de l’été au début de l’automne, lorsque les sentiers d’altitude sont accessibles. Les conditions varient fortement selon l’année et l’enneigement : des névés peuvent persister près des cols, tandis que les premières chutes de neige arrivent parfois avant la fermeture saisonnière des refuges. Avant le départ, consulter les bulletins météo, les informations des hébergements et les éventuelles alertes locales est essentiel.
En septembre ou en octobre, les couleurs peuvent être magnifiques, mais les journées sont plus courtes et les amplitudes de température importantes. Une matinée ensoleillée au départ de Névache peut être suivie d’un vent froid sur un col. Des vêtements en couches, une protection imperméable, des gants et une réserve chaude accessible dans le sac permettent de s’adapter sans s’arrêter longtemps.
Transport et équipement : alléger sans partir à découvert
Briançon est une porte d’accès ferroviaire utile pour rejoindre le secteur, puis il faut organiser la suite du trajet vers le départ choisi. Les possibilités de transport local varient selon la saison ; vérifier les horaires avant de réserver évite de bâtir l’itinéraire sur une liaison inexistante le jour voulu. Pour limiter les contraintes, certains marcheurs débutent depuis Valloire, Valmeinier ou Le Monêtier-les-Bains, selon leur boucle et leur moyen de transport.
Un sac léger reste un atout sur les longues montées, mais il ne faut pas supprimer l’équipement de sécurité. Emporter une carte hors ligne, une batterie chargée, une trousse de premiers soins, de l’eau et des réserves énergétiques. Des chaussures adaptées au terrain humide et rocailleux, ainsi que des bâtons pour les descentes, apportent un confort appréciable. Le matériel doit être testé avant le départ, notamment les chaussures et le système de pluie.
Pour choisir les étapes, évaluez honnêtement la forme du groupe : réduire une journée ou renoncer à un détour peut préserver le plaisir de marcher. Le bon itinéraire n’est pas celui qui accumule les sommets, mais celui qui laisse une marge pour profiter des paysages et rentrer en sécurité.
Combien de jours prévoir pour le GR57 autour du Thabor ?
Une semaine permet de réaliser une boucle avec plusieurs variantes et des nuits en refuges ou en vallée. La durée dépend du tracé, du niveau du groupe et des conditions ; le circuit de sept étapes présenté ici ne doit pas être confondu avec la distance du GR57 officiel.
Quelle est la meilleure saison pour randonner autour du Thabor et des Cerces ?
L’été et le début de l’automne sont les périodes les plus adaptées, sous réserve de l’état des sentiers et de l’enneigement. L’automne offre de belles couleurs, mais les journées raccourcissent et les refuges peuvent fermer : vérifiez les conditions avant le départ.
Le tour du Thabor est-il accessible aux débutants ?
Il comporte de longues étapes, des dénivelés importants et des passages de haute montagne. Un débutant doit choisir des étapes plus courtes, s’entraîner, vérifier les variantes et éviter les cols difficiles par mauvais temps.
Faut-il réserver les refuges à l’avance ?
Oui, surtout en période fréquentée et lors des intersaisons. Contactez directement les refuges pour confirmer leur ouverture, les couchages et les services disponibles, puis prévoyez une solution de repli si un établissement est fermé.



